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À demain sur la Lune : comment la musique de Guillaume Poncelet suit Peyo et Amandine sans surligner l’émotion

03 février 2026
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Sortie en salles le 4 février 2026, du documentaire "À demain sur la Lune" qui suit le quotidien de l’unité de soins palliatifs de l’hôpital de Calais, où un cheval nommé Peyo rend visite aux patients les plus fragiles. Pour accompagner cette matière du réel sans la recouvrir, le compositeur Guillaume Poncelet a cherché une musique qui sache se taire autant qu’elle sait parler.

Et il résume sa méthode d’une phrase, simple comme un motif au piano :

« Ce que j’ai en moi, c’est peu de notes finalement, essayer de bien les placer dans le temps et dans l’espace », confie Guillaume Poncelet au micro de Patrice Caillet pour La Radio du Cinéma.

Film : À demain sur la Lune (documentaire) — réalisation : Thomas Balmès — musique : Guillaume Poncelet

Sortie cinéma : 4 février 2026 — durée : 80 minutes

Dans l’unité de soins palliatifs de l’hôpital de Calais, le documentaire de Thomas Balmès suit Amandine pendant un an, jusqu’à ses derniers jours : son combat, ses doutes, son courage, et cette volonté de laisser une trace à ses jeunes enfants, en revisitant sa vie et son histoire familiale.
Et tandis que Peyo vient apaiser les patients les plus fragiles, accompagné de Hassen Bouchakour, le film éclaire ce fil mystérieux entre l’animal et l’humain, quand la vie se retire inexorablement.

Quand un documentaire s’appuie sur des regards, des souffles, des silences qui « en disent long », la musique ne peut pas faire la maligne. C’est précisément le défi que raconte Guillaume Poncelet : écrire une bande originale capable de soutenir la circulation du film, sans jamais prendre le dessus sur la réalité filmée.

Une rencontre avant le film : Peyo, Hassen Bouchakour et un morceau déjà là

La particularité de cette histoire, c’est qu’elle commence avant le montage, et même avant le tournage. Guillaume Poncelet explique avoir contacté Hassen Bouchakour dès 2020, après avoir découvert Peyo et ses « capacités d’empathie très fortes ». De cette relation naît une évidence : quand Thomas Balmès lance le projet, le compositeur ne part pas de zéro.

Le « thème de Peyo » existait déjà, dit-il, et il trouve naturellement sa place au cinéma : un motif qui revient notamment lors de la scène où le cheval apparaît dans l’hôpital, sortant de l’ascenseur, image presque irréelle pour qui ne s’attend pas à croiser un cheval dans un service de soins.

Composer à hauteur d’humain : la crainte du pathos, la place du silence

Dans l’interview, Guillaume Poncelet insiste sur une vigilance : ne pas « surhabiller » des scènes qui n’ont besoin de rien. Il parle d’un danger, celui d’appuyer trop fort, de fabriquer du sentiment au lieu d’accompagner ce qui se passe déjà à l’image.

« Il y a toujours ce danger de faire dans le pathos, de trop en faire et d’être dans le sensationnel, alors que le but c’est justement de rester humain et juste », explique Guillaume Poncelet.

Sa solution tient à une écriture minimaliste et à une utilisation de la musique comme respiration, souvent placée sur des transitions, au fil des étapes de la maladie. Le documentaire comporte des plages de silence assumées : la musique n’arrive pas pour commenter, elle arrive pour laisser passer le temps.

Amandine en mélancolie : une première séquence faite de souvenirs

La première scène sur laquelle Guillaume Poncelet travaille est décrite comme un montage de souvenirs d’Amandine que suit le film. Images à la caméra « d’époque », séquences au smartphone : un matériau intime, fragile, déjà chargé d’émotion.

Le compositeur dit avoir écrit une musique « plutôt mélancolique », parce que, lorsque l’on regarde en arrière dans les derniers instants, la nostalgie s’impose. Cette mélancolie n’annule pas la lumière.

Deux leitmotivs, une construction : le thème de Peyo et le thème d’Amandine

La musique de À demain sur la Lune se construit par retours, par traces, par reprises : Guillaume Poncelet assume une écriture au leitmotiv. Il décrit un « thème de Peyo » récurrent, et un « thème d’Amandine » d’abord suggéré, puis précisé au fur et à mesure que le film permet de la connaître.

Pour un spectateur, c’est une clé d’écoute simple : repérer ces motifs, comprendre qu’ils agissent comme des balises. Pas des panneaux publicitaires. Des repères discrets, presque des points de couture sur un récit dont la matière première reste la vie quotidienne d’un service.

Un mois pour écrire : un travail au studio avec Thomas Balmès

Autre détail de fabrication livré à l’antenne : Guillaume Poncelet raconte avoir composé la musique en un mois, ce qu’il qualifie de rapide. Il souligne aussi un cadre de travail rare : la liberté laissée par Thomas Balmès, et une présence quotidienne du réalisateur au studio.

« Thomas Balmès m’a laissé totale liberté… il venait tous les jours au studio. C’était très agréable », dit Guillaume Poncelet.

Dans un documentaire, cette confiance change tout : elle autorise une musique qui ne cherche pas l’effet, une musique qui accepte la retenue, qui préfère la justesse à la démonstration.

Minimalisme revendiqué : l’héritage de Philip Glass, la leçon d’humilité

Quand Patrice Caillet évoque Philip Glass, Guillaume Poncelet répond au quart de tour : « un de mes héros ». Il rattache son propre geste musical à une idée de temporalité, de durée, d’occupation de l’espace sonore avec peu de matière.

Pour rester sur des faits vérifiables : Philip Glass a bien composé la musique du film The Hours, et son univers minimaliste a marqué durablement la musique de cinéma. Dans l’interview, Guillaume Poncelet se sert de ce nom comme d’un phare : une invitation à l’économie, au choix des notes, à la place laissée à l’image.

Huit titres pour une BO : la tracklist

  • L’arrivée
  • Thème de Peyo
  • Amandine dans ses pensées
  • Heure Bleue
  • Check-up
  • Peyo & Hassen
  • La vie d’avant
  • Générique de fin

Une idée de séance rêvée à Calais : piano avant la projection

Dans la dernière partie de l’entretien, Guillaume Poncelet évoque une envie très concrète : aller à Calais, rencontrer enfin Peyo, et organiser une projection sur place. Il imagine même un geste de musicien, simple et direct : jouer du piano avant la séance, voire accompagner certains moments.

Ce n’est pas un gadget. Dans un film qui accorde tant de place au silence, entendre quelques notes jouées en amont peut devenir une manière d’ouvrir l’écoute, de préparer le regard, comme on entrouvre une porte sans la claquer.

Infos pratiques

À demain sur la Lune, un documentaire réalisé par Thomas Balmès, sort au cinéma le 4 février 2026. Durée annoncée : 80 minutes. Le film se déroule dans l’unité de soins palliatifs de l’hôpital de Calais, avec la présence de Peyo et de Hassen Bouchakour.

La bande originale signée Guillaume Poncelet est annoncée en sortie digitale le 4 février 2026, avec huit titres.

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Guillaume Poncelet  - credit Pierre-Yves Calvat

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