24 janvier 2026
Dans Promis le ciel, la réalisatrice Erige Sehiri installe sa fiction à Tunis et suit un trio de femmes ivoiriennes confrontées à la précarité, à l’attente et à la solidarité du quotidien. Au centre, Marie (incarnée par Aïssa Maïga), ancienne journaliste devenue pasteure, organise une communauté et héberge Naney (jouée par Debora Lobe Naney) et Jolie (jouée par Laetitia Ky). Leur fragile équilibre bascule quand elles recueillent Kenza, une enfant rescapée d’un naufrage en Méditerranée. Au micro de David Marmier pour La Radio Du Cinéma la réalisatrice décrit son cinéma comme un travail collectif, “à l’écoute”, où certaines scènes naissent au tournage, au contact du réel.
Un récit choral à Tunis : Marie, Naney, Jolie
Dans l’interview, Aïssa Maïga insiste sur la nature “très chorale” du film : Marie a un rôle pivot parce qu’elle “organise la solidarité”. Marie est arrivée “dans des circonstances tout à fait légales”, puis sa situation se précarise ; elle tient pourtant “à bout de bras” une communauté qui vit sans perspective claire de régularisation. Le film observe ce que cela change, concrètement : travailler beaucoup sans gagner assez, aider les autres quand on manque soi-même, et vivre dans une ville qui devient un espace de tension.
Kenza, “trésor” : une enfant rescapée qui recompose la maison
L’arrivée de Kenza recompose l’intimité du trio. Dans l’entretien, il est rappelé que Kenza signifie “trésor” en arabe, et cette idée traverse le film : que fait-on d’un trésor trouvé au milieu du chaos ? Le récit avance alors comme une famille de circonstance, tendre, inquiète, et toujours sur le fil.
Le cinéma d’Erige Sehiri : écouter, improviser, rester en alerte
Promis le ciel prolonge une méthode que la réalisatrice revendique au micro : elle vient du documentaire et cherche une vérité de plateau. Exemple donné dans l’interview : la “scène de la trottinette” n’était pas écrite, elle est née d’une improvisation, puis d’un détail réel (un gâteau offert le jour de l’anniversaire de la réalisatrice), transformé en idée de scène.
Debora Lobe Naney : un casting dans la communauté ivoirienne de Tunis
La rencontre racontée à l’antenne nourrit aussi la lecture du film : Erige Sehiri explique avoir mené des castings dans la communauté ivoirienne et dans des églises à Tunis. Debora Lobe Naney raconte sa méfiance initiale et le moment où la confiance s’installe. Cette histoire rejoint le cœur du film : la peur, l’instinct de survie, et la nécessité de s’accrocher à des personnes fiables.
« Quand j’ai commencé à avoir confiance en elle, j’ai commencé à prendre la chose au sérieux. » — Debora Lobe Naney
Palmarès : Angoulême 2025 et Marrakech 2025
Le film a été distingué au Festival du Film Francophone d’Angoulême 2025 (Valois de la mise en scène ; Valois de la meilleure actrice pour Debora Lobe Naney ; Valois du scénario) et au Festival international du film de Marrakech 2025 (Étoile d’or / Grand prix ; prix d’interprétation féminine pour Debora Lobe Naney). Source Angoulême (Première, 31 août 2025) · Source Marrakech (palmarès officiel)
Promis le ciel en trois questions
De quoi parle Promis le ciel ? À Tunis, trois femmes ivoiriennes se soutiennent dans une maison-refuge ; leur quotidien change quand elles recueillent Kenza, enfant rescapée d’un naufrage.
Qui joue Marie, la pasteure ? Aïssa Maïga incarne Marie, ex-journaliste devenue pasteure et figure pivot d’une solidarité organisée.
Quelle est la date de sortie en France ? Le film sort le 28 janvier 2026 (Jour2Fête).
Photographies: David Marmier Erige Sehiri (Réalisatrice), Aïssa Maïga (Actrice) et Debora Lobe Naney (Actrice)
Erige Sehiri
Aïssa Maïga
Debora Lobe Naney