27 janvier 2026
Dans le cadre du festival Viva Cinéma, qui se déroule à la Scène nationale Lux à Valence, le public a eu droit à un ciné-concert autour du film muet The Cameraman (1928) de Buster Keaton, accompagné en direct par Nathanaël Bergès au piano et Lucas Mège à la batterie et aux percussions.
Le principe du ciné-concert est simple : la musique devient un personnage à part entière, synchronisée avec les images, pour renforcer l’émotion, le rythme et le comique du film. Nathanaël Bergès explique : « Il faut accompagner le mouvement constant de Keaton, tout en donnant des couleurs aux moments plus sentimentaux ou romantiques. » L’objectif est de trouver un équilibre entre rythme physique du burlesque et modernité musicale, sans créer de décalage avec l’image.
Le duo a choisi de composer des leitmotivs pour chaque personnage : Keaton, la jeune femme, le rival et même le singe, permettant au public de suivre l’action et de reconnaître chaque protagoniste. Nathanaël précise : « On ne synchronise pas chaque geste, ce serait lourd. On choisit des actions significatives pour être au rendez-vous. » Lucas Mège ajoute que la performance exige une concentration extrême, avec un œil sur le piano, un sur la partition et un sur son partenaire, pour que tout s’enchaîne parfaitement.
Pour les deux musiciens, l’expérience est autant un travail technique qu’une source de plaisir et d’émotion : « Faire revivre ces personnages centenaires, c’est à la fois nostalgique et très actuel grâce à la musique », confie Nathanaël. Le public, des plus jeunes aux plus âgés, a réagi avec enthousiasme, ponctuant les scènes de rires et d’applaudissements, preuve que la magie du muet n’a pas pris une ride.
Au-delà de l’aspect musical, le ciné-concert est aussi une transmission du patrimoine : il permet aux spectateurs de renouer avec le cinéma des générations passées, tout en donnant une nouvelle vie à des films qui continuent de fasciner près d’un siècle après leur création.