annecy 2026: Samurai Ballerina - L’Étoile de Paris en fleur : Goro Taniguchi raconte deux artistes japonaises à Paris

26 juin 2026
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Annecy 26 juin 2026

Samurai Ballerina - L’Étoile de Paris en fleur suit deux jeunes Japonaises lancées dans une même conquête intime : devenir artistes dans le Paris du début du XXe siècle. Dans le podcast de Jules Violon pour La Radio du Cinéma, le film de Goro Taniguchi apparaît comme une œuvre de contemplation, de gestes précis et d’élans fragiles, portée par cette remarque simple : « visuellement, c’est assez remarquable ».

Samurai Ballerina - L’Étoile de Paris en fleur, dont le titre original est Paris ni Saku Etoile, prend place en 1912, quelques saisons avant que la Première Guerre mondiale ne bouleverse l’Europe. Le film imagine la trajectoire de Fujiko, qui rêve de peinture, et de Chizuru, née dans une famille de samouraïs, qui porte en elle le désir de devenir danseuse. Les deux jeunes filles se croisent d’abord au Japon lors d’un ballet, puis se retrouvent à Paris, dans une ville qui tient de la carte postale, de l’atelier d’artiste et du souvenir rêvé.

Deux jeunes Japonaises face à la promesse de Paris

Le récit tient à une idée limpide : comment trouver sa voix lorsque tout, la famille, l’époque, la société, semble déjà avoir écrit votre rôle ? Fujiko devrait entrer dans la vie attendue d’une jeune femme promise au mariage. Chizuru, de son côté, vient d’une lignée où la discipline martiale pèse sur les épaules. L’une dessine, l’autre danse. L’une regarde les corps comme des lignes à saisir, l’autre cherche dans le ballet une autre manière d’habiter le sien.

Le podcast de Jules Violon insiste sur ce moteur fraternel : Fujiko et Chizuru « vont toutes les deux se soutenir dans leur quête de devenir artistes ». C’est là que le film trouve sa respiration. La réussite n’est pas seulement une affaire de talent ; elle devient une affaire de regard, d’entraide, de confiance accordée au bon moment. À Paris, les deux héroïnes ne gagnent pas seulement un décor. Elles gagnent un espace pour tenter.

Un Paris rêvé, minutieux et lumineux

Le film ne cherche pas le réalisme gris. Le Paris de Goro Taniguchi se déploie comme une ville d’images mentales : façades, monuments, ateliers, appartements, rues ouvertes sur la lumière. Le site officiel du film présente l’action en 1912, dans un Paris « rempli d’éclat », cadre assumé d’un récit sur deux jeunes filles qui avancent malgré les difficultés de leur époque.

Les retours japonais ont d’ailleurs beaucoup souligné cette dimension picturale. Le site Game Watch relève la précision des lieux, la présence de Montmartre, les références aux peintres et le soin apporté aux vues parisiennes. Le même article insiste aussi sur l’intérêt de découvrir le film sur grand écran, pour goûter l’ampleur des décors, les mouvements des personnages et les scènes de ballet.

Le film montre un « Paris de rêve qu’on imagine », un Paris encore clair, presque préservé, où les quais, les théâtres et les intérieurs semblent garder la trace d’une Belle Époque au bord du basculement. La guerre apparaît par touches : soldats, nouvelles venues du front, inquiétudes familiales. Elle ne dévore pas le récit, mais elle trouble l’horizon.

La peinture, le ballet et le piano comme langages communs

La force du film tient à la circulation des arts. Fujiko regarde le monde en peintre. Chizuru apprend à transformer l’héritage martial de son corps en langage chorégraphique. Ruslan, le fils d’Olga, accompagne cette recherche par la musique et le piano. Le film rapproche ainsi trois disciplines qui ne s’illustrent pas seulement les unes les autres : elles se répondent.

Le ballet occupe une place centrale. Chizuru découvre auprès d’Olga, ancienne ballerine russe, une exigence nouvelle : posture, rythme, rigueur, endurance. Ses gestes de naginata ne disparaissent pas ; ils deviennent la matière secrète de sa danse. Cette idée donne au film une belle clé de lecture : l’émancipation de Chizuru ne passe pas par l’effacement de son origine, mais par sa transformation artistique.

La peinture, elle, nourrit le regard de Fujiko. on observe que certaines images donnent l’impression que « les peintures se mélangent au film directement ». Cette porosité visuelle fait de Samurai Ballerina - L’Étoile de Paris en fleur un récit de formation autant qu’un carnet de croquis animé.

Une filiation Ghibli, mais une identité propre

La comparaison avec le Studio Ghibli vient naturellement, et elle n’est pas fortuite. Le character design original est signé Katsuya Kondo, artiste associé à Kiki la petite sorcière et Ponyo sur la falaise. Dans le podcast, Jules Violon confie même avoir eu « l’impression de découvrir un nouveau Ghibli ».

Cette impression naît surtout des visages ronds, des silhouettes stylisées, du goût pour les gestes quotidiens et d’une animation qui regarde les personnages respirer avant de les faire courir. Le film ne se contente pourtant pas d’imiter une mémoire de spectateur. Il la réoriente vers une histoire d’exil artistique, de Paris rêvé par le Japon, et de Japon regardé depuis Paris.

La production rassemble une équipe solide : Goro Taniguchi, connu notamment pour Code Geass et One Piece Film Red, réalise le film ; Reiko Yoshida, scénariste de Violet Evergarden et Liz and the Blue Bird, en signe le scénario ; Yu Yamashita assure le character design ; la musique est composée par Takayuki Hattori ; l’animation est produite par ARVO Animation.

Voilà une œuvre moins tapageuse que d’autres longs métrages d’animation récents, mais tenue par la précision des mouvements, les décors et la douceur du récit. Un film « discret » mais soigneusement fabriqué, avec des arrière-plans qui restituent le Paris des années 1910 avec une attention particulière donnée au mouvement : les gestes de naginata, les appuis du ballet et les attitudes du quotidien y deviennent le vrai cœur de l’animation.

Samurai Ballerina - L’Étoile de Paris en fleur avance moins par coups de théâtre que par accumulation de sensations. Une main qui dessine, un pied qui cherche son axe, un piano qui accompagne une respiration, une ville qui semble offrir son théâtre aux rêves de deux jeunes femmes.

Un film sur la place que l’on se fabrique

Fujiko et Chizuru ne demandent pas au monde de devenir simple. Elles cherchent une façon d’y rester debout. Le film parle de racines, de discipline, de transmission, mais aussi de ce moment rare où l’on comprend qu’un art peut ouvrir une porte. Dans le Paris occidental du début du XXe siècle, les deux héroïnes affrontent les attentes sociales, les regards portés sur leur origine japonaise et les inquiétudes liées à la guerre.

La belle idée du récit consiste à ne jamais isoler les artistes. Fujiko, Chizuru et Ruslan avancent avec l’aide d’Olga, des habitants de l’immeuble, des rencontres de passage. La création devient une chaîne de gestes offerts. On pense à ces films où l’apprentissage n’est pas une ligne droite, mais une suite de mains tendues, de faux pas, de reprises et de petites victoires.

Le film invite ainsi à regarder l’art comme une manière de traduire ce que les mots ne savent pas encore dire. Fujiko peint ce qu’elle pressent. Chizuru danse ce qu’elle n’ose pas toujours formuler. Ruslan cherche au piano un rythme capable d’accueillir cette énergie nouvelle. Chacun avance avec sa langue secrète.

Pourquoi écouter le podcast de Jules Violon

Le regard de Jules Violon accompagne le film sans le réduire à un verdict. Son podcast donne des clés pour entrer dans l’œuvre : l’influence visuelle de Katsuya Kondo, la beauté des scènes de danse, la rencontre de la culture japonaise et de l’imaginaire parisien, la place de la guerre en arrière-plan, le rôle de la bande originale et du piano.

La chronique rappelle aussi que Samurai Ballerina - L’Étoile de Paris en fleur peut toucher des publics différents : les amateurs d’animation japonaise, les spectateurs sensibles aux récits d’apprentissage, les curieux du Paris Belle Époque, les passionnés de ballet et ceux qui aiment voir un film laisser du temps aux regards.

Infos pratiques

Titre français : Samurai Ballerina - L’Étoile de Paris en fleur

Titre original : Paris ni Saku Etoile

Réalisation : Goro Taniguchi

Voix principales : Ami Touma, Lina Arashi, Taichi Saotome, Mugi Kadowaki

Scénario : Reiko Yoshida

Character design original : Katsuya Kondo

Character design : Yu Yamashita

Musique : Takayuki Hattori

Studio : ARVO Animation

Durée : 1h59

Sortie au Japon : 13 mars 2026

Sélection : Annecy Présente 2026

Bande-annonce : voir le trailer officiel de Samurai Ballerina - L’Étoile de Paris en fleur

À écouter dans le podcast de Jules Violon pour La Radio du Cinéma, une chronique qui ouvre les portes du film avec douceur, curiosité et l’envie de suivre Fujiko et Chizuru jusqu’au bout de leur élan.

Sources vérifiées

Site officiel japonais du film ; fiche staff officielle ; Festival d’Annecy 2026  ; Eiga.com ; Filmarks ; Game Watch.