Diamanti : en salles le 21 janvier 2026, Ferzan Özpetek célèbre la sororité dans un atelier de costumes à Rome

 Le nouveau film de Ferzan Özpetek arrive au cinéma ce mercredi 21 janvier 2026. Diamanti nous fait entendre le ronron des machines à coudre et le froissement des étoffes, dans la Rome des années 1970 : un atelier de costumes, une communauté de femmes, et un hommage assumé aux actrices et aux métiers qui fabriquent la magie, loin des projecteurs. Un film pensé comme un écrin — et comme une déclaration d’amour à celles qui tiennent la scène, parfois sans qu’on les regarde.

Publié le 21 janvier 2026 — Par La Radio du Cinéma

On a tous en tête une image de cinéma où tout se joue sur un détail : une robe qui impose le silence, une manche qui attrape la lumière, un ourlet qui dit l’époque mieux qu’un discours. Diamanti part de là : du costume comme moteur, comme mémoire, comme secret. Et dans ce film choral, la couture n’est pas un décor. C’est un langage. Presque un thème musical — à la manière d’un leitmotiv qu’on reconnaît dès les premières notes sur la radio du cinéma.

Rome, années 1970 : deux sœurs, un atelier, une ruche de création

Le point de départ est limpide : un réalisateur réunit les actrices qu’il aime et leur propose un projet consacré aux femmes. Puis, par un jeu de cinéma dans le cinéma, il les projette dans la Rome des années 1970, au sein d’un atelier de couture consacré au théâtre et au septième art. L’atelier est dirigé par deux sœurs aux tempéraments opposés : Alberta (Luisa Ranieri) et Gabriella (Jasmine Trinca). Leurs tensions, leur tendresse et leur manière de tenir la barre donnent au récit son fil conducteur.

Autour d’elles, une constellation de costumières et couturières : des femmes qui tracent, épinglent, ajustent, reprennent, recommencent. On y voit la hiérarchie du métier, la transmission des gestes, l’autorité d’un regard qui sait si “ça tombe” ou si “ça ment”. Et surtout : ce que produit un collectif quand il se serre les coudes.

Si vous aimez les films où un lieu devient un personnage, vous êtes au bon endroit. Ici, chaque table de coupe, chaque portant, chaque boite d’épingles raconte une histoire. Le cinéma italien a souvent su faire ça : un espace qui respire et qui parle, comme la cuisine de Big Night ou l’appartement-monde d’Une journée particulière.

Le costume comme point de vue : quand l’étoffe fabrique du récit

Diamanti met en avant un art qu’on applaudit rarement au moment des saluts : le costume design. Le film s’est nourri d’un dialogue avec la sartoria Tirelli Trappetti, atelier romain mythique, dont les archives (photos, textiles, accessoires) ont servi de matière à l’équipe. Le costumier Stefano Ciammitti s’appuie sur cet héritage pour faire exister une époque, sans carte postale.

Un détail a déjà marqué les curieux : la fameuse robe rouge associée au film a demandé plus de 160 mètres de tissu, doublé de crinoline noire — un chantier à lui seul, comme un décor qui se porte sur le corps. Ce genre d’anecdote a une vertu : rappeler qu’un costume, c’est aussi de l’ingénierie, de la patience, du temps humain.

Et puis il y a l’énergie musicale : dans certaines scènes, le film s’amuse avec des tubes italiens qui donnent le tempo à l’atelier (oui, on pense à Mina, à Patty Pravo). À ce jeu-là, la bande-son agit comme un poste de radio posé au milieu des étoffes : elle soude, elle relance, elle donne la cadence.

Un casting choral, des scènes de groupe qui font le cinéma d’Ozpetek

Özpetek aime les récits collectifs, les familles choisies, les tables où l’on parle fort, les silences qui restent après le dessert. Diamanti reprend ce goût du chœur : une troupe, des trajectoires, des blessures intimes qui affleurent quand la porte de l’atelier se referme.

Le film réunit notamment Luisa Ranieri, Jasmine Trinca et Stefano Accorsi, entourés d’un ensemble d’actrices et d’acteurs qui enrichissent le microcosme. L’intérêt, ici, n’est pas de “cocher” des drames, mais de comprendre comment un lieu de travail peut devenir refuge, et comment la création peut servir de carapace — solide comme un diamant, même quand ça craque dessous.

Une citation résume l’élan du film : Nous sommes des fourmis insignifiantes, mais ensemble nous faisons de grandes choses… nous sommes des diamants. Une phrase qui sonne comme une réplique de troupe, un mantra d’atelier — et qui dit le cœur du projet.

Un hommage assumé aux actrices : le film dédié à trois icônes

Au-delà du récit, Diamanti porte une dédicace explicite à trois grandes figures : Mariangela Melato, Virna Lisi et Monica Vitti. Un geste de cinéaste qui regarde son panthéon droit dans les yeux, comme on poserait un vinyle sur la platine avant la première répétition.

Ce n’est pas un clin d’œil gratuit : l’idée même du film — rassembler des actrices, écouter leurs voix, filmer leurs visages en groupe — s’inscrit dans cette tradition italienne où le jeu, le glamour et la puissance d’une troupe peuvent porter un monde entier.

Ce qu’il faut savoir avant d’y aller : le film, son public, ses portes d’entrée

Diamanti parlera à celles et ceux qui aiment les films de “fabrication” : l’envers d’un spectacle, le travail invisible, la création comme moteur dramatique. Si vous êtes curieux des coulisses, des ateliers, des loges, des lectures de scénario, de la mécanique humaine d’un collectif, vous avez déjà un billet réservé. Si vous venez pour Rome et les années 1970, vous aurez aussi votre part : tissus, silhouettes, couleurs, et une idée du cinéma comme artisanat.

Et si vous cherchez une accroche simple : c’est un film sur des femmes qui créent, qui tiennent, qui rient, qui encaissent, et qui se relèvent — avec la précision d’un point cousu au millimètre. Comme pourrait dire une réplique culte : “On ne quitte pas une salle comme on y est entré.”